Stockholm 73

Auteur : Daniel Lang (1913 – 1981), journaliste reporter au New Yorker syndrome stockholm
Editeur : Allia, 2019, France – 112 pages
Première parution : dans le « New Yorker magazine » le 25/11/1974, USA
Titre original : The bank drama

syndrome stockholm

Ce bouquin décrit la prise d’otage qui est  à l’origine du fameux Syndrome de Stockholm, au travers  des témoignages du braqueur et de son complice, des otages, de la police, et des psychiatres.

Syndrome de Stockholm

LIEU : La Sveriges Kreditbank, une grande banque de Stockholm, 40 employés et quelques clients présents.

DUREE : du jeudi 23 août au mercredi 28 août 1973, soit 7 jours, pendant lesquels ce fait divers a été  à la une de tous les médias.

Syndrome de Stockholm

LES PROTAGONISTES : 

– Jan-Erik Olsson, 32 ans, d’une intelligence supérieure  à la normale, détenu pour vol et perçage de coffres-forts, qui vient juste de s’évader. Tête pensante de cette prise d’otage. A son arrivée dans la banque, il est équipé d’ une mitraillette chargée, d’ une valise de munitions et d’explosifs, de    rouleaux de corde et d’un couteau, entre autres. Il parle anglais pour faire croire qu’il est étranger, porte une perruque brune, et a teint en noir sa barbe et sa moustache, a les joues fardées de rouge (déguisement retiré au bout de quelques jours).

– Clark Olofsson, 26 ans, en train de purger une peine pour braquage, libéré par la Police à la demande d’Olsson pour lui servir de complice.

– Kristin Ehnmark, 23 ans, employée de la banque, en cours de réorientation vers une carrière sociale, dont les cours débutent en septembre, célibataire. Otage N°1.

– Elisabeth Odgren, 21 ans, caissière à la banque, souhaite quitter son emploi. Otage N°2.

– Birgitta Lundbad, 31 ans, 10 ans d’ancienneté dans la banque, chargée des traites bancaires, mariée, 2 filles. Otage N°3.

– Sven Safstrom, 25 ans, employé de la banque, qui était caché dans un recoin, et découvert par les braqueurs, qui sont bien embêté de devoir prendre en otage un individu masculin, qui risque de leur poser des problèmes. C’est donc l’otage N°4.

-Rylander : Premier policier qui entre dans la banque.

– Sven Thorander, 56 ans, chef de la brigade criminelle de la police de Stockholm.

 

LES FAITS :Syndrome de Stockholm

Jeudi :

– Olsson fait irruption dans la banque en milieu de matinée, en tirant vers le plafond avec sa mitraillette, et en allumant une radio qui passe des morceaux de rock  à fond (Kristin, perplexe, à l’impression d’être en présence d’un fou ). Certains se jettent au sol, d’autres s’échappent.

– Il remarque Kristin et demande au comptable de lui attacher les mains et les chevilles. Birgitta et Elisabeth subissent le même traitement.
Olsson, qui a maintenant 3 otages, demande  à parler à la police. Cette dernière arrive rapidement sur place, grâce aux alarmes silencieuses déclenchées par les employés.

– Olsson demande  à parler  à un gradé de la police. Un second policier entre, vu seulement par Birgitta, qui lui demande de ne pas tirer. Olsson le blesse  à la main avec son arme. En attendant l’arrivée du gradé, il fait sortir tout le monde de la banque, sauf les 3 otages.

– Thorander arrive, Olsson lui demande de se retourner et d’enlever sa veste. Il lui fait part ensuite ses revendications :

  1. – Que la police fasse sortir de prison Clark Olofsson et l’amène près de lui pour lui servir de complice.
  2. – Recevoir la somme de 3 millions de couronnes (710 000 dollars).
  3. – Avoir 2 revolvers, plus discrets qu’une mitraillette.
  4. – Obtenir une voiture puissante, avec, pour lui, son complice et les otages des gilets pare-balles et des casques.

Ces demandes sont transmises au Ministre de la justice, qui se montre intransigeant : hors de question de laisser Olsson sortir de la banque avec les otages. Olsson fait comprendre  à la police qu’il n hésitera pas  à abattre un otage si il n’obtient pas satisfaction.

– Peu après 16h, Clark Olofsson arrive dans la banque, encadré par la police qui lui enlève les menottes. Il reconnaît alors Olsson, avec qui il a été codétenu. Les 2 complices s’isolent pour discuter. Le rôle d’Olofsson sera de faire l’intermédiaire avec la police, en relayant les demandes d’Olsson.  Ce dernier libére les otages de leurs liens.

– Olsson utilise un explosif pour ouvrir un tiroir caisse et brûle le film des caméras de surveillance.

– Pendant les 2 premiers jours, Olofsson inspecte l’étage principal à la recherche de présence policière. Il découvre Sven Safstrom, caché dans une réserve. A contrecœur, il en fait son quatrième otage. Cela l’ennuie d’autant plus qu’en discutant avec lui, Olsson apprends que Sven a appris à manier une mitraillette pendant son service militaire. Olsson lui fait passer un test pour évaluer sa dangerosité en faisant semblant de s’endormir et relâche sa prise sur sa mitraillette. Sven ne tente rien.

– Olsson continue de se déplacer dans la banque toujours accompagné de son bouclier humain, les 3 otages, car des tireurs d’élite positionnés  à l’extérieur visent les fenêtres de la banque.

– Il finit par tirer vers les unités d’élite pour montrer au gouvernement qu’ il est prêt à tout. Par les fenêtres, il voir la Mustang que la police a mise  à sa disposition. Olsson savait que les otages seraient son assurance-vie lors de sa fuite en voiture. sans otages, il était persuadé que la voiture était un piège : il avait raison : Le véhicule était équipé d’un radar.

– La police installe son QG au premier étage de la banque. Olsson installe le sien dans la salle des coffres, oppressante et exiguë.

– Elisabeth se plaint de claustrophobie, Olsson la laisse sortir mais en l’attachant  à une corde pour éviter qu’elle ne s’échappe. Elle racontera plus tard l’avoir trouvé très gentil de l’avoir laissé sortir de cette pièce un moment. Les otages sont autorisés à aller aux toilettes, sans corde, et lors d’un de ces déplacements, Kristin découvre un policier caché qui lui demande le nombre d’otages, elle lui montre « quatre », d’un signe de la main. Elle dira plus tard avoir eu l’ impression d’agir en traître. Elle aurait pu rejoindre le policier, mais aurait eu peur de mettre en danger la vie des autres otages.

– Dès qu’Olsson a obtenu une grande partie de l’argent demandé, il autorise chacune des 3 femmes à utiliser le téléphone pour rassurer leurs proches. Birgitta est peinée de ne pas réussir  à joindre son mari. Olsson lui touche alors la joue avec délicatesse pour la consoler et lui dit « essaie encore, il va répondre ».

– Olsson finit par obtenir tout l’argent demandé. Il appelle le Premier Ministre Olof Palme et demande à ce qu’ on le laisse partir avec les otages, ou alors, il menace de tuer ces derniers, en faisant entendre les cris d’Elisabeth lorsque’ il lui serre la gorge. Palme ne réponds pas, et Olsson lui dit qu’ il a une minute pour se décider. Il commence un compte  à rebours, et  à 15 secondes de la fin, raccroche.

– A la nuit tombée, Olsson ordonne  à Elisabeth de s’installer dans un fauteuil près de la porte : Si la police donne l’assaut, elle sera un obstacle, avec une charge explosive  à ses pieds. La nuit passe, Elisabeth frissonne, Olsson s’en aperçoit et lui passe sa propre veste en laine autour de ses épaules. Elisabeth dira plus tard : « Jan est  à la fois tendre et brutal ».

Syndrome de Stockholm

 

Vendredi, Samedi et Dimanche :Syndrome de Stockholm

– La journée débute par l’arrivée d’un commissaire de police et d’ un médecin, venus pour constater l’état de santé des otages, qui manifestent de l’ hostilité  envers eux. Les otages sont en bonne santé physique, et ont tous demandé au commissaire de les laisser partir avec Olsson et Olofsson. Le commissaire constate qu’ il n’ y a aucune tension entre les otages et Olofsson, il en est très surpris.

– Kristin prends l’ initiative d’appeler le premier Ministre Palme, pour lui demander de tous les laisser partir, et pour dire quelle a confiance en Olsson et Olofsson, qu’elle n’a pas peur d’eux et les trouve très « gentils ». Elle indique aussi qu’elle a peur que la police donne l’assaut. Le Ministre, dans son rôle, indique bien sûr que c’est impossible. Kristin dira après cette prise d’otage, qu’elle avait confiance en les braqueurs car elle savait (intuition ou confession d’Olsson ?) qu’ ils rendraient leur liberté aux otages quand la police ne les poursuivrait plus.

Elle poursuit en affirmant que la police, par contre, ment : Les policiers avaient prétendu ne pas chercher  à s’infiltrer dans la banque, ils l’ ont finalement fait.

– La mère de Kristin contacte sa fille par téléphone pour lui reprocher d’avoir déclaré aux médias qu’elle souhaitait partir avec les braqueurs.

– Birgitta appelle sa mère pour prendre des nouvelles de ses 2 filles et fonds en larmes. Olsson la prends sur ses genoux pour la consoler, et lui dit que tout ira bien si la police s’en va. Birgitta est d’accord avec lui. (dans son esprit, l’ennemi est visiblement  à l’extérieur de la banque, et non pas  à l’intérieur).

-Sven se sent aussi reconnaissant envers Olsson : Le braqueur lui annonce qu’ il ne va pas le tuer, mais lui tirer dessus pour le blesser légèrement  à la jambe, pour déstabiliser la police en lui montrant sa détermination. Sven avouera ensuite qu’ il a trouvé ce geste sympa de la part de braqueur, mais intellectuellement, il se rendait bien compte que non, un braqueur ne peut théoriquement pas être une personne sympa, car il met la vie des autres en danger.

– Olsson avoue aux otages avoir presque une phobie des gaz lacrymogènes, car il pense que cela peut rendre n’ importe qui idiot en 15 secondes. (c’est totalement infondé). Il les avertit qu’ il les tuerait ainsi que lui-même et Olofsson si la police utilise les gaz contre eux. Sven se souvient qu’après avoir entendu ça, il trouvait que Olsson était quelqu’un de bon.

– La police est effectivement bien décidée à envoyer des gaz lacrymogènes dans la chambre forte, en perçant des trous dans le plafond.  Olsson     condamne la porte de la pièce en renversant devant elle les armoires contenant les coffres des clients de la banque. La police place également  des micros sur la porte de la chambre forte.

– Pendant la nuit, Kristin fait un cauchemar, Clark, calme et bienveillant, la rassure. Une intimité naître entre eux, ils se tiennent la main  à plusieurs reprises pendant cette prise d’otages, Kristin avouera plus tard que cela l’a beaucoup rassuré. Des caresses sont échangées, mais cela ne va pas plus loin, suite au refus de Kristin. Olofsson confie a Kristin que les violeurs, en prison,  sont considérés comme les pires criminels par les autres codétenus.

– Samedi matin, Clark demande  à la police si ils sont d’accord pour transmettre à un otage des biens de première nécessité. Lindrott, le commissaire, refuse car il pense qu’ Olsson va en profiter pour utiliser la mitraillette dans l’entrebâillement de la porte. Clark fait également une seconde demande pour que chaque otage puisse passer un coup de fil, demande refusée. Clark prend note sur un morceau de papier de la réaction de ses otages : « les filles veulent entrer en contact avec leur famille, la police avait promis cela, elle a menti ne fois de plus. Elles pensent que la police veut les sacrifier, et qu’elle fait tout pour que les braqueurs déclenchent les hostilités, que la police agisse en légitime défense, pour pouvoir ensuite déplorer la mort de personnes ». Birgitta confirmera ensuite que c était bien son ressenti.

– Dès le samedi, Olsson bouche les voies d’aération, par crainte des gaz lacrymogènes et rappelle aux otages ce qu’il a prévu de faire si les gaz pénètrent dans la pièce.

– Olsson continue  à veiller au bien-être des otages : il console Elisabeth, offre  à Kristin une balle de sa mitraillette en souvenir. S’excuse auprès de Birgitta qui s’est remise  à fumer à cause de lui, alors qu’elle avait arrêté. Sven ne posait aucun problème aux braqueurs. Il se comportait avec loyauté. « Chaque marque de gentillesse de la part d’Olsson renforçait son autorité en le plaçant dans la posture du sauveur » déclara Sven.

– Samedi soir, les stocks de nourriture sont épuisés, Olsson sort alors de sa poche 3 poires qu’ il avait conservé, si besoin. Il les partage avec Olofsson et les otages en parts égales.

– Une routine journalière finit par se mettre en place : Sven gère les tâches ménagères, les femmes tentent de s’occuper en déplaçant les meubles, ou en tentant de corriger leur apparence, pour tenter de rester toujours séduisantes aux yeux des ravisseurs. Kristin avouera plus tard : « quelqu’un qui vous apprécie ne vous ôtera pas la vie ».

– Tous dorment de plus en plus : au fur et  à mesure que le stress augmente, un besoin de récupération se fait sentir. Ils écoutent la radio. Sven déclare que tant que le monde extérieur parle de la prise d’otage, cela veut dire qu’ on ne les oublie pas. Cela soutenait le moral des otages. Birgitta, qui a suivi des cours de psychologie, fait une étude de personnalité d’Olsson : Elle le juge intelligent, habile, dynamique, mais pas stable.

– Pour occuper les otages, Olsson leur raconte ses séjours en prison. Sven raconte que les otages compatissaient  à tout ce qu’ il racontait, « comme si il était notre victime et non l’inverse ». Les otages boivent ses paroles. Quand Birgitta lui demande pourquoi il n’ a pas occupé de postes « normaux », Olsson réponds que « pointer et recevoir des ordres, ça n’est pas pour lui ».

– Le Samedi, assez tard dans la soirée, les opérations de perçage de la police reprennent. Olsson, contre l’avis de Clark, place une charge explosive dans l’ un des trous d’aération. Il donne des conseils aux otages pour supporter au mieux l’explosion de la charge, et Elisabeth se demande « Pourquoi la police n’est pas aussi attentionnée pour nous ? ». La charge explose, la police arrête le perçage, Olsson se pavane. Sven s’ inquiète et lui demande de se calmer. Clark n’approuve pas non plus le comportement d’Olsson.

– Le perçage de la police redémarre, et Olsson ordonne aux otages de se mettre juste en dessous des endroits ou le plafond est percé, en expliquant à la la police que si le perçage continuait, le plafond pourrait s’écrouler sur eux. Olsson fait exploser une mèche avec une charge. La police continue de percer, et coupe accidentellement le câble du circuit électrique, plongeant la chambre-forte dans l’obscurité. Sous la menace d’Olsson, la police lui ramène une lampe torche. Les mèches de perçage sont maintenant refroidies à l’eau froide, qui ruisselle dans la pièce.

– Une caméra passée par un des trous montre que les otages ont maintenant un noeud coulant autour du cou. Olsson annonce  à la police que si les otages s’évanouissent  à cause des gaz, ils mourront étranglés.

– A 3 heures du matin, le commissaire fait descendre des vivres dans la chambre-forte pour ses occupants qui n’ont rien mangé depuis 50 heures. Les ravisseurs autorisent les otages  à enlever leur corde pour manger. La bière n’est pas consommée,  à cause d’ une odeur douteuse. On apprendra plus tard qu’elle contenait des somnifères.

Syndrome de Stockholm

 

Lundi :Syndrome de Stockholm

– Les otages sentent le dénouement arriver, et craignent le pire.  le niveau d’eau dans la pièce atteint 10 cm. Olsson, qui mâche des comprimés de caféine, devient instable.

– L’argent volé finit par ne plus intéresser Clark qui, découragé, brûle tout.

– Le commissaire revient le lundi après-midi. Les otages restent des heures entières debout, la corde au cou à lutter contre le sommeil pour ne pas s’étrangler. Kristin est effrayée, car elle sait que plus le temps passe, plus il y a des chances que les braqueurs ou la police fassent une erreur. Olsson consent finalement à ce que les otages enlèvent leur corde.

-La police se demande si Olsson serait réellement capable de tuer un otage, décide de ne plus céder à ses menaces, et d’arrêter d’approvisionner la chambre forte en boissons et nourriture.

 

Mardi et mercredi :Syndrome de Stockholm

– A 8h35, Olsson tire et blesse un agent de police à la main. La lampe torche est remontée par la police, laissant tout le monde dans l’ obscurité.

– A 21h, le perça s’arrête, 7 trous sont effectués, et les otages attendant l’arrivée des gaz. Clark s’écrie « ces enfoirés vont encore nous avoir ! ». A l’extérieur de la chambre des policiers sont munis de fusils  à canon scié, et des ambulances attendent.

– Un peu plus tard, lorsque les gaz arrivent, Olsson ordonne aux otages de remettre leur corde autour du cou, mais suite  à un souci technique avec les gaz, les otages ne s’évanouissent pas, mais se mettent  à suffoquer et  à vomir. Olson hurle alors qu’ il se rend, et demande  à ce qu’ on laisse tout le monde sortir. Il remet son arme. Les policiers exigent que les otages sortent les premiers, mais ceux-ci refusent. Kristin leur réponds qu ‘ils ne bougeront pas tant que Clark et Olsson se seront pas dehors. Elle craint en effet que la police abatte les braqueurs si ces derniers sortent en dernier. Juste avant de se quitter, braqueurs et otages s’étreignent, les femmes embrassent leurs ravisseurs, Sven leur serre la main. Ils sortent de la banque ensemble en même temps.

 

10 jours plus tard : Syndrome de Stockholm

Les otages sont sous observation médicale. Interrogés par les médecins, ils sont toujours persuadés que la police est l’ennemi, et s’identifient aux braqueurs. Elisabeth finit tout de même par demander aux médecins pourquoi elle ne parvient pas  à haïr ses ravisseurs, et pense que cela viendra tôt ou tard.

La vie quotidienne des ex-otages reprends son cours, en apparence tout au moins. A l’occasion d’un déplacement avec ses enfants et son mari, Birgitta réalise qu’elle passe tout près de la prison ou est retenu  Clark. Elle fait part  à son mari de son envie de lui rendre visite, il accepte. Elle restera assez secrète sur le contenu de la discussion qu’elle a eu au parloir avec Clark, mais déclare qu’ il ne s’est pas excusé, et qu’ il n’avait pas  à le faire.

Lors du procès des braqueurs, Elisabeth revit la très grande terreur qu’elle a vécu dans la chambre-forte, et ressent par la suite la crainte que les braqueurs s’évadent et la reprennent en otage.

Syndrome de Stockholm

Syndrome de Stockholm

Les facteurs qui ont déclenché ce syndrome de Stockholm : 

– Instinct de survie : Interrogés des années plus tard, les captifs ont déclaré tenir plus que tout  à rester en vie pendant ce braquage.

– Personnalité du braqueur : empathie, respect envers les otages, inspire confiance, fait tout pour que les otages aient une bonne estime de lui, mais cela ne semble pas calculé, c’est naturel. C’est lui qui les a mis dans une situation stressante, à lui d’apaiser ce stress autant que possible, tout en gardant  à l’esprit ses propres objectifs lors de ce braquage. Il avouera plus tard qu’ il aurait pu tuer un otage au tout début , mais que cela aurait été impossible par la suite.

– Solidarité envers les autres otages à l’ intérieur de la banque. Birgitta reconnaîtra ensuite que les liens entre les otages étaient superficiels.

– Phénomène d’identification  à l’agresseur : besoin d’ordre et de sécurité : Un psychiatre explique que si il n’ y a pas d’attachement à l’agresseur, les otages auraient pu être submergés par la peur de la mort.

–  Enfermement dans un lieu clos, seul univers existant pour les otages. Tout ce qui perturbe cet univers, y compris la police, devient un danger.

– Pour pallier au stress intense, sans doute un besoin de réconfort de la part des otages auprès de la personne qui fait office de Dieu dans cet univers clos, le braqueur.

– Durée  longue du braquage : Un psychiatre indique qu’il est inévitable que des liens d’amitié se nouent entre les otages et les braqueurs.

Syndrome de Stockholm

Syndrome de Stockholm

MON AVIS :

Un très bon bouquin. C’est un document qui permet de vivre cette prise d’otage de l’ intérieur. La traduction de Julien Besse est si parfaite qu’on en oublie que le texte d’origine est en anglais.

On se perd un peu parfois dans la chronologie des événements, mais ça ne gêne pas la compréhension des faits.

L’être humain, et  le cerveau,  ont une capacité d’adaptation étonnante pour survivre en situation extrême : C’est ce qu’on constate ici avec ce Syndrome de Stockholm :  Des individus voient leur vie quotidienne interrompue par un événement inhabituel, se trouvent plongés dans un état de sidération (début du braquage avec la musique à fond), réalisent que leur vie est menacée, et pour survivre, coopèrent avec de parfaits inconnus.

Il semble que ce mécanisme de défense se soit déclenché de façon inconsciente et progressive chez les otages. Ils n’ont en fait pris conscience de leur étrange comportement (ne pas réussir à haïr les braqueurs) seulement plusieurs jours après cette événement.

Evidemment, la personnalité des braqueurs a joué un rôle décisif dans le développement de ce syndrome : L’intelligence, le respect de l’intégrité physique et mentale des otages et un certain calme a permis au groupe de ne pas imploser et de garder un semblant de normalité concernant des relations entre personnes civilisées. Pas de violence gratuite ici. C’est ce qui a permis aux otages de ne pas craquer.

On pourrait dire que c’est le braquage idéal car les otages n’ ont eu quasiment aucune séquelle mentale, et aucun blessé ni mort n’est à déplorer.

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