Etes-vous votre pire ennemi ?

Auteur : Ana Sandrea, France
Editeur : Editions LANORE, France, 2019 – 176 pages
Première édition : Editions LANORE, France, 2015
interview d’Ana Sandrea (2015)

auto sabotage psychologie

« L’auto sabotage en psychologie : ensemble des comportements, habitudes, et attitudes qu’une personne possède, plus ou moins inconsciemment, et qui l’empêchent d’avoir la vie  à laquelle elle aspire ». Ce bouquin explique ce que sont les auto-sabotages et quelles sont leurs origines.Il fournit également des outils pour les traiter.

Ce livre est composé de 4 parties :

– Préface/Pourquoi l’auteur s’est intéressée à l’auto-sabotage.
– Partie 1 : Définition / symptômes / conséquences de l’auto-sabotage.
– Partie 2 : Les origines de l’auto-sabotage.
– Partie 3 : Les solutions.

 

Préface/Pourquoi l’auteur s’est intéressée à l’auto sabotage en psychologie

– On cherche à l’extérieur de nous-même  les coupables d’ une situation qui ne nous convient pas : le conjoint, le patron, la société, etc.

– Souvent, la clé pour débloquer cette situation se trouve  à l’ intérieur de soi. Mais parfois, une partie de nous même refuse d’évoluer et/ou de mener des actions qui nous seraient bénéfiques.

– Les blocages qui nous empêchent d’avancer se sont construits et ne sont pas innés, ils empêchent d’être pleinement soi-même.

Elle parle également d’elle-même, et explique que ses propres auto-sabotages se manifestent dans 2 domaines, l’argent (voir interview plus haut) et les relations sentimentales , tous deux ayant été construits dans son enfance.

Pour plus de simplicité, l’auteur utilise le raccourci « AS » pour désigner l’auto-sabotage, ce que je ferai aussi ici.

 

1. Définition / Exemples / Symptômes de l’auto sabotage en psychologie / conséquences de l’auto sabotage

 

1.1 Définition :

« L’auto sabotage en psychologie est un système qui empêche d’être pleinement soi-même, d’aimer ou d’avoir des relations saines avec nous-mêmes ou avec les autres ». C’est une petite voix dans la tête qui nous manipule, comme un troll, en présentant des arguments en apparence logiques, pour nous détourner de nos objectifs.

 

1.2 Exemples : 

Ana Sandrea nous fait réaliser que les auto sabotages peuvent concerner tout le monde, dans des domaines très différents : Elle cite de façon synthétique 150 comportements dictés par l’AS (ils tiennent tous sur une dizaine de page). En voici quelques uns en guise d’exemple :

– Vous décidez de perdre du poids : Après avoir fait le tri dans vos placards, vous n’achetez que des aliments sains et bons pour atteindre cet objectif, et quelques temps plus tard, vous ne pouvez pas vous empêcher d’aller acheter des aliments  de type « junk food », que vous avalez très rapidement.

– Être systématiquement en retard  à des rendez-vous.

– Vous rencontrez une personne qui vous plaît et avec qui vous sentez que la relation pourrait marcher. Tout d’un coup, vous vous mettez  à douter, vous changez de comportement avec l’autre, la relation se détériore à cause de cela et finit par s’arrêter.

– Avoir du mal  à se faire plaisir de façon générale, et culpabiliser quand on le fait.

– Ne pas réussir à faire des demandes claires, mais attendre que les autres les devinent.

– Se dire qu’ un malheur peut arriver si les choses « vont trop bien ».

– Faire des demandes impossibles à réaliser.

– Vivre dans le passé ou dans le futur.

– Se dire qu’on porte la poisse.

 

1.3 Les symptômes de l’auto-sabotage

– Peur du changement.
– Se juger, se punir, se critiquer, sa maltraiter, ne jamais se féliciter, ne jamais être content de soi.
– La répétition à l’identique de schémas/comportements qui conduisent toujours à un échec.
– Se trouver des excuses.

 

1.4 Les conséquences de l’auto-sabotage

– Dévalorisation.
– Déni de soi.
– Construction d’une fausse identité.
– Auto-punition.
– Manque de confiance en soi et en la vie.
– Échecs à répétition.

 

2. Les origines de l’auto sabotage en psychologie

 

2.1 Les 5 blessures émotionnelles

Elles remontent  à l’enfance, et parfois avant la naissance : Il s’agit d’expériences (parfois banales) ressenties, à  tort ou  à raison, comme traumatisantes entre la conception et l’âge de 6 ans :

– Rejet : L’auteur parle d’ âmes qui considèrent qu’on ne les a pas réellement désirées à leur conception.

– Abandon : Concerne les enfants qui estiment ne pas avoir eu tout l’amour dont ils auraient eu besoin.

– Humiliation : Lorsque l’enfant, son corps ou un de ses fonctions n’a pas été respectés.

– Trahison : Quand l’enfant qui traverse le complexe d’œdipe se sent trahi par le parent aimé, par exemple lors de l’arrivée d’un petit frère, ou petite soeur, ou lors d’actes de violence, ou de paroles non tenues.

– Injustice : Vécue par les enfants qui estiment qu’ on ne les a pas laissés être eux-mêmes, ou alors élevés par des parents qui font du chantage.

 

2.2 Le manque d’attachement durant l’enfance :

Concerne l’ enfant qui a eu une éducation ne lui permettant pas de trouver l’équilibre entre l’autonomie et l’intimité avec ses parents.

 

2.3 Le système scolaire

La valeur de l’enfant est  construite sur le système de notation (récompense ou punition), et non pas sur ses qualités intrinsèques (son potentiel).

 

2.4 Les messages et comportements négatifs ou dévalorisants subis pendant l’enfance et l’adolescence

Ces messages, répétés, vont finir par devenir des croyances chez l’enfant :

– Surnoms, critiques, empêchement de l’expression des émotions, punitions et abus.
– Injonctions explicites ou implicites : « Soit fort », « Soit parfait », « Fais plaisir », « Dépêches-toi », « Fais des efforts ».

 

2.5. Les peurs qui se cachent derrière les AS 

– Peur de l’inconnu.
– Peur de se tromper.
– Peur du rejet.
– Peur de l’échec.
– Peur de réussir.
– Peur du pire.
– Peur du changement.
– Peur de l’engagement.

 

3. Les solutions 

 

3.1 Identifier l’auto sabotage en psychologie :

– Dans quels domaines se manifeste t il ? Faire une grille de cohérence entre ses objectifs/pensées/discours/actions/résultats
– En définissant son type de comportement principal : victime, bourreau ou sauveur.
– En se le représentant comme un personnage : Le pauvre de moi, le père, le spirituel, le rejeté, le dépensier, etc.
– Identifier comment il se manifeste : dialogue intérieur négatif, échecs, sentiments d’inquiétude, de frustration,etc.
– Émotions exagérées, sensations physiques déplaisantes, actions contradictoires.

 

3.2 Identifier les bénéfices secondaires à laisser perdurer l’AS, et se demander si on veut les conserver :

-Échapper à ses responsabilité.
-Chercher de la reconnaissance.
– Garder sa liberté.
-Tenir la souffrance  à distance.
– Etc.

 

3.3 Principales Idées « Boîte  à outils » pour se libérer des AS :

– Se dissocier de son AS : Ce sont seulement des mécanismes qui empêchent d’être soi-même, ça n’est pas l’AS qui nous définit.

– Etre responsable face  à son AS, c’est admettre qu’ on peut avoir une action sur lui, et donc ne plus en être victime : ne pas se trouver d’excuses.

-Identifier, comprendre et accepter ses blessures émotionnelles (à l’origine des AS), pour pouvoir travailler dessus, et ainsi affaiblir l’AS.

-Se reconnecter  à ses émotions, une des sources de l’AS étant la non expression/ refoulement des émotions primaires que sont la joie, la tristesse, la colère et la peur. Si elles ne sont pas extériorisées, elles restent bloquées à l’intérieur et génèrent des AS.

– Un besoin non satisfait peut être à l’origine d’un AS (comportement inapproprié, pouvant être autodestructeur).

-Noter les messages négatifs qui tournent dans la tête, les « sortir de soi » leur donnera bien moins de puissance.

-Extérioriser ses « vraies » pensées en les écrivant ou en les énonçant  à voix haute, même en étant seul, sur une personne ou une situation, même si ces pensées vont  à contre courant de ce qu’ on préférerait penser en théorie (des choses positives). Pas d’auto-censure.

-Ne pas considérer l’AS comme le « mal absolu », mais plutôt comme le symptôme  d’ un manque, ou d’ un conflit intérieur non résolu.

– Identifier l’élément déclencheur de l’AS : Une pensée, qui devient une émotion qui se traduit par un acte.

L’auteur évoque aussi d’autres « clés » pour se libérer des AS.

 

 

A RETENIR / ACTIONS A FAIRE :

1. GRILLE DE COHERENCE entre les objectifs, pensées, discours, actions et résultats : Réévaluer les objectifs (réalistes ?) et les actions mises en place  (adaptées  à moi et  à ma vie  à 100 % ?, Peut-on les améliorer pour les rendre plus agréables ?).

2. On ne se définit pas par son AS : METTRE DE LA DISTANCE entre soi et les petites phrases négatives qu’on se dit  à soi-même : On refuserait de tels discours négatifs et non-constructifs de la part d’une tierce personne. Pourquoi les accepter de la part de soi-même ?

3.  SE RESPONSABILISER face  à l’AS, devant lequel on est pas impuissant : Corriger certaines pensées dès qu’elles apparaissent, avant qu’elles ne prennent trop de force et entraînent des actes qui vont  à l’encontre de l’objectif fixé. 

4. Accepter de vivre ses émotions et ne pas les refouler.

 

 

MON AVIS : 

Un bouquin très synthétique et complet, très bien écrit. La lecture est agréable et très fluide.

Pour chacun des points évoqués dans le résumé ci-dessus, l’auteur cite des exemples concrets et explicites, pris dans la vie quotidienne. Il y a également des exercices, non évoqués ici, pour identifier et traiter ces auto sabotages en psychologie.

Le mental, de façon naturelle,  fait toujours en sorte que nos actions soient alignées avec nos croyances. Ainsi, si on prends comme postulat une croyance limitante, on va mettre en place, de façon plus ou moins consciente, les actions qui vont aller dans le sens de ces croyances, ce qui va encore les renforcer. Et voilà comment se crée le cercle vicieux des AS.

Ce sujet, peu développé dans l’univers du développement personnel, peut concerner tout le monde, dans un domaine ou un autre de la vie.

On peut le relier aux notions de pensée créatrice, et il montre que le hasard n’existe pas : On crée bel et bien sa propre réalité.

La loi de l’attraction est également présente ici : Contrairement  à ce qui est dit parfois, il ne suffit pas de demander à l’Univers pour obtenir, sans effectuer aucun travail sur soi  : Il faut tout d’abord se transformer pour ensuite attirer à soi le meilleur pour soi, comme un vortex.

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